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Laisser pleurer son chien, la fausse bonne idée
« Laisse-le pleurer, il finira par s’habituer. » « Ne le console pas, ça va renforcer son comportement. » « Ignore-le complètement, sinon tu crées un caprice. »
Combien de fois as-tu entendu ces conseils ? Probablement trop souvent. Et peut-être que tu les as même suivis, en te forçant à ignorer les pleurs déchirants de ton poilu, le cœur serré, en espérant que « ça finisse par passer ».
Aujourd’hui, je vais te dire quelque chose qui va peut-être te soulager : ces conseils sont non seulement inefficaces, mais ils peuvent carrément aggraver la situation de ton chien.
Laisse-moi t’expliquer pourquoi laisser pleurer ton chien est une fausse bonne idée, et surtout, ce que tu devrais faire à la place.
D’où vient ce conseil désastreux ?
Une vieille croyance qui a la vie dure
Le conseil de « laisser pleurer » vient d’une époque où on pensait que les chiens étaient des manipulateurs nés, cherchant constamment à nous dominer et à obtenir ce qu’ils veulent par tous les moyens (ben voyons).
Selon cette logique dépassée : si tu réponds aux pleurs de ton chien, tu « cèdes » à son caprice, tu le « récompenses » pour son mauvais comportement, et il va donc recommencer de plus belle.
Le problème ? Cette vision est complètement erronée et ne correspond pas du tout à ce que nous apprend la science comportementale moderne sur les chiens et leurs émotions.
L’ignorance des émotions canines
Pendant longtemps, on a nié l’existence même des émotions chez les chiens. On les considérait comme des machines à réflexes conditionnés, sans vie intérieure.
Heureusement, les neurosciences ont depuis largement prouvé que les chiens ressentent bel et bien des émotions complexes : peur, anxiété, joie, frustration, détresse…
Quand ton chien pleure, c’est l’expression d’une émotion réelle et d’un besoin authentique.
Ce qui se passe vraiment quand tu laisses ton chien pleurer
L’escalade du stress et de la détresse
Imagine que tu aies peur, vraiment peur, et que personne ne vienne t’aider malgré tes appels.
Au début, tu appellerais à l’aide. Puis tu crierais plus fort. Puis tu paniqueras complètement. Et si vraiment personne ne vient, tu finirais par te résigner dans un état de détresse absolue.
C’est exactement ce qui se passe avec ton chien.
Quand il pleure et que personne ne répond, son niveau de stress ne diminue pas. Au contraire, il monte en flèche. Son système nerveux passe en mode alerte maximale. Le cortisol (hormone du stress) inonde son organisme.
Ton chien n’apprend pas à se calmer. Il apprend que ses appels ne servent à rien et que personne ne viendra l’aider. C’est terrifiant pour lui.
La résignation apprise
Si cette situation se répète, ton chien peut développer ce qu’on appelle la « résignation apprise ».
C’est un état psychologique où l’individu (chien ou humain) apprend qu’il n’a aucun contrôle sur ce qui lui arrive, que ses actions n’ont aucun effet, et qu’il est totalement impuissant.
Concrètement, qu’est-ce que ça donne ?
Ton chien arrête effectivement de pleurer… mais pas parce qu’il va mieux. Il arrête parce qu’il a abandonné tout espoir d’être entendu. Il reste en état de stress intense, mais ne l’exprime plus vocalement. C’est de la résignation traumatique.
J’aborde ce sujet plus précisément dans cet épisode du podcast le seuil de mon chien.
Les comportements de substitution
Quand un chien en détresse ne peut pas exprimer son mal-être par les vocalises (parce qu’il a compris que ça ne servait à rien), il va trouver d’autres exutoires :
- Destructions encore plus importantes
- Automutilation (léchage compulsif, mordillage des pattes…)
- Troubles digestifs chroniques
- Dépression
- Agressivité réactionnelle
- Troubles du sommeil
Le problème ne disparaît pas. Il se transforme en quelque chose de potentiellement pire.
L’aggravation de l’anxiété sur le long terme
Laisser ton chien dans la détresse sans l’aider renforce son anxiété au lieu de la diminuer.
Pourquoi ? Parce que tu confirmes ses pires craintes : oui, être seul est dangereux. Oui, personne ne viendra l’aider. Oui, il a raison d’avoir peur.
Chaque expérience de détresse non accompagnée creuse plus profondément le sillon de l’anxiété dans le cerveau de ton chien. Les connexions neuronales associant « solitude = danger » se renforcent.
C’est l’exact opposé de ce qu’on cherche à faire quand on travaille sur l’anxiété de séparation.
L’impact sur votre relation
Laisser ton chien pleurer sans répondre à sa détresse érode la confiance qu’il a en toi.
Tu es censé être son/sa guide, son point de sécurité, celui/celle vers qui il peut se tourner quand il va mal. Si tu ne réponds pas quand il a besoin de toi, comment peut-il te faire confiance dans d’autres situations ?
Cette rupture de confiance peut avoir des répercussions bien au-delà du simple problème d’anxiété de séparation, affectant toute votre relation.
Mais alors, pourquoi tant de gens donnent ce conseil ?
L’apparence de résultats rapides
Parfois (rarement), laisser pleurer semble « fonctionner » rapidement : le chien arrête de vocaliser au bout de quelques jours/semaines/mois.
Les gens en concluent que la méthode a marché. Sauf qu’en réalité, comme je l’ai expliqué, le chien n’a pas appris à être serein. Il a juste abandonné l’espoir d’être entendu.
C’est une victoire en trompe-l’œil qui cache une détresse silencieuse et peut créer des problèmes plus graves à long terme.
Le manque de formation des professionnels
Malheureusement, tous les éducateurs canins ou comportementalistes ne sont pas formés aux dernières découvertes en neurosciences et en éthologie.
Certains continuent de propager ces vieux conseils par manque de mise à jour de leurs connaissances, ou parce qu’ils ont eux-mêmes été formés selon ces anciennes méthodes.
C’est pour ça qu’il est crucial de choisir un professionnel qui se forme en continu et qui base ses méthodes sur la science comportementale actuelle, pas sur des croyances dépassées.
Ton rôle d’humain d’attachement : guide et support émotionnel
Tu n’es pas un distributeur de croquettes
Être l’humain d’attachement d’un chien, ce n’est pas juste nourrir, promener et mettre un toit au-dessus de sa tête.
C’est aussi (et surtout) être son repère émotionnel, son point de sécurité dans un monde parfois incompréhensible pour lui.
Tu es son guide dans la navigation émotionnelle. Comme un parent pour un enfant, tu l’aides à comprendre le monde, à gérer ses émotions, à développer sa résilience.
Le concept de base de sécurité
En psychologie du développement, on parle de « base de sécurité » : c’est la personne ou le lieu vers lequel on peut revenir quand on a peur, quand on est dépassé, quand on a besoin de se ressourcer.
Pour un enfant, ce sont généralement ses parents. Pour ton chien, c’est toi.
Cette base de sécurité est essentielle au développement d’une bonne santé mentale et émotionnelle. Un individu (humain ou chien) qui a une base de sécurité fiable développe ce qu’on appelle un « attachement sécure », qui lui permet ensuite d’explorer le monde avec confiance.
À l’inverse, si la base de sécurité est absente ou ne répond pas aux besoins, l’individu développe un attachement insécure, source d’anxiété et de troubles comportementaux. J’aborde ce sujet de façon plus développé dans cet épisode avec Morgane Roux, psychologue clinicienne, sur le podcast le seuil de mon chien.
Apprendre à gérer les émotions grâce à toi
Un chiot (ou un chien adulte qui n’a pas eu cette chance) ne sait pas gérer ses émotions tout seul.
Il apprend cette compétence en observant tes réactions et en bénéficiant de ton accompagnement quand il est débordé émotionnellement.
Quand ton chien panique et que tu restes calme, présent, rassurant, tu lui montres qu’il peut se calmer aussi. Tu lui apprends, par ta régulation, à réguler ses propres émotions.
C’est ce qu’on appelle la « co-régulation émotionnelle » : une personne calme aide une personne stressée à retrouver son calme.
Si tu l’abandonnes dans sa détresse, il n’apprend rien de positif. Il apprend juste qu’il est seul face à des émotions qu’il ne sait pas gérer.
Rassurer n’est pas renforcer
Voici une croyance tenace qu’il faut absolument déconstruire : « Si je console mon chien quand il a peur, je renforce sa peur. »
C’est faux. Complètement faux.
On ne peut pas renforcer une émotion comme on renforcerait un comportement avec une friandise. Les émotions ne fonctionnent pas comme ça.
La peur est une réponse émotionnelle involontaire à une situation perçue comme menaçante. Tu ne peux pas « créer » ou « renforcer » de la peur en étant présent et rassurant. Au contraire, ta présence aide ton chien à se calmer.
Ce que tu peux renforcer, ce sont les comportements.
Par exemple, si ton chien pleure pour avoir de la nourriture (ce qui est très différent des pleurs lors des absences), alors effectivement, répondre systématiquement pourrait renforcer ce comportement.
Mais dans les cas d’anxiété de séparation, on parle de vraie détresse émotionnelle, pas de manipulation. Et dans ce contexte, rassurer est exactement ce qu’il faut faire.
La présence apaisante
Ta simple présence a un effet physiologique sur ton chien.
Des études ont montré que le niveau de cortisol (hormone du stress) diminue chez les chiens en présence de leur humain d’attachement, et que leur rythme cardiaque se régule.
Tu es littéralement un calmant naturel pour ton poilu. Quand il va mal, ta présence déclenche la libération d’ocytocine (hormone de l’attachement et du bien-être) qui contrebalance le stress.
Lui refuser cette présence quand il en a besoin, c’est lui retirer son principal outil de régulation émotionnelle.
Les situations spécifiques : absences et nuits
Pendant les absences : ne jamais dépasser le seuil de tolérance
Si tu travailles sur l’anxiété de séparation de ton chien, voici la règle d’or : ne jamais le laisser paniquer pendant tes absences.
Comme je l’explique dans mes accompagnements, on travaille toujours en dessous du seuil de tolérance du chien. C’est-à-dire qu’on ne le met jamais dans une situation où il va basculer dans la détresse.
Si ton chien pleure pendant une absence, c’est qu’on est allé trop loin, trop vite. Il faut revenir en arrière, raccourcir les durées, simplifier les exercices.
Laisser un chien pleurer pendant une absence « pour qu’il s’habitue » est contre-productif. Ça ancre encore plus l’association « absence de mon humain = détresse » dans son cerveau.
Pendant les nuits : le besoin de proximité
Beaucoup de chiots et de chiens adultes pleurent la nuit, surtout à leurs arrivées.
C’est normal et compréhensible : ils se retrouvent seuls dans le noir, loin de leur groupe social. Pour un animal social comme le chien, c’est angoissant.
Contrairement à ce qu’on entend souvent, aller rassurer ton chiot qui pleure la nuit ne va pas « créer de mauvaises habitudes », dormir avec lui c’est la même chose !
Au contraire, cela va lui apprendre qu’il peut compter sur toi, que tu es là quand il a besoin, et qu’il peut se détendre. Avec le temps et la confiance qui se construit, il apprendra à dormir sereinement.
Certains chiens ont besoin de dormir près de leur humain. C’est un besoin légitime, pas un caprice. Si ton chien dort mieux dans ta chambre (dans son panier), pourquoi lui refuser ce confort ?
Ce que tu devrais faire au lieu de laisser pleurer ton poilu
Répondre à la détresse de ton chien
Quand ton chien est en détresse, ta présence est la meilleure réponse.
Cela ne veut pas dire céder à toutes ses demandes ou le surprotéger. Cela veut dire :
- Reconnaître que son émotion est réelle
- Lui offrir ta présence apaisante
- L’aider à revenir à un état calme
- Lui montrer qu’il peut compter sur toi
Concrètement :
- Si ton chien pleure pendant une absence, c’est que l’absence est trop longue → reviens plus tôt, ajuste tes exercices
- Si ton chien pleure la nuit, va le voir, parle-lui calmement, reste quelques instants avec lui
- Si ton chien panique lors d’un orage, reste près de lui, propose-lui un endroit sécurisant
Construire sa confiance en toi
Chaque fois que tu réponds à un besoin légitime de ton chien, tu renforces sa confiance en toi.
Il apprend que :
- Tu es fiable
- Tu comprends ses besoins
- Il peut se reposer sur toi dans les moments difficiles
- Ensemble, vous pouvez surmonter les défis
Cette confiance est la base de tout travail comportemental. Un chien qui fait confiance à son humain est un chien capable d’apprendre, de progresser, de développer sa résilience.
Développer son autonomie… progressivement
« Mais si je suis toujours là, il ne sera jamais autonome ! »
Je comprends cette inquiétude. Mais voilà la réalité : l’autonomie se construit sur des bases de sécurité solides, pas sur l’abandon.
C’est comme un enfant qui apprend à faire du vélo. Au début, tu tiens la selle. Puis tu accompagnes en courant à côté. Puis tu lâches progressivement. Tu ne jettes pas l’enfant sur un vélo en lui disant « débrouille-toi » !
Un chien qui se sent sécurisé par ta présence développera naturellement son autonomie au fur et à mesure qu’il gagne en confiance. Mais forcer cette autonomie trop tôt crée juste de l’insécurité.
Les conséquences du « laisser pleurer » sur le long terme
Un chien qui ne communique plus
Si ton chien apprend que ses signaux de détresse sont ignorés, il peut arrêter de communiquer.
Résultat : un chien qui souffre en silence, qui ne montre plus ses émotions, qui semble « bien élevé » en apparence mais qui est en réalité en détresse chronique.
Ces chiens peuvent développer des comportements soudains et imprévisibles (comme de l’agressivité) parce qu’ils n’ont plus de moyen de communication précoce. Ils passent de « tout va bien en apparence » à « explosion émotionnelle » sans étapes intermédiaires visibles.
Des troubles anxieux généralisés
Un chien qui vit régulièrement des situations de détresse sans aide peut développer une anxiété généralisée qui dépasse largement le cadre initial.
Il devient anxieux dans plein de situations différentes, hypersensible au stress, incapable de récupérer émotionnellement entre deux événements stressants.
Son seuil de tolérance au stress global diminue, rendant son quotidien de plus en plus difficile.
Une relation humain-chien dégradée
La confiance est fragile. Une fois érodée, elle est difficile à reconstruire.
Un chien qui ne peut pas compter sur son humain dans les moments difficiles développe une relation d’insécurité. Il peut devenir :
- Distant émotionnellement
- Méfiant
- Moins réceptif à l’apprentissage
- Moins engagé dans la relation
Vous perdez cette belle complicité qui fait toute la richesse de la relation avec un chien.
Des problèmes de santé physique
Le stress chronique a des impacts physiques mesurables :
- Affaiblissement du système immunitaire
- Problèmes digestifs récurrents
- Troubles dermatologiques (léchage, grattage compulsif)
- Vieillissement prématuré
- Problèmes cardiaques
Laisser un chien dans un état de stress répété n’impacte pas que son mental, mais aussi son corps.
Le vrai travail sur l’anxiété de séparation
Une approche bienveillante et progressive
Travailler sur l’anxiété de séparation sans laisser ton chien pleurer, c’est possible. C’est même la seule approche vraiment efficace sur le long terme.
Cela demande :
- De la patience (beaucoup de patience)
- Des exercices adaptés et progressifs
- Une compréhension fine des émotions de ton chien
- Un accompagnement professionnel souvent nécessaire
- Du temps (ça peut prendre des mois)
Mais les résultats sont solides et durables. Ton chien apprend vraiment à se sentir en sécurité pendant les absences, pas juste à endurer la détresse en silence.
L’importance du diagnostic précis
Comme je l’explique dans mes autres articles, « anxiété de séparation » est un terme fourre-tout qui cache des réalités très différentes.
Détresse d’isolement, anxiété de séparation clinique, FOMO, ennui, sensibilité aux bruits, problèmes de santé… Chaque problématique nécessite une approche spécifique.
Un diagnostic précis est essentiel pour construire le bon plan d’accompagnement et ne pas perdre de temps avec des méthodes inadaptées.
La construction de la sécurité émotionnelle
L’objectif n’est pas que ton chien « supporte » les absences. L’objectif est qu’il les vive sereinement.
Pour ça, on construit sa sécurité émotionnelle :
- Environnement rassurant
- Routine prévisible
- Exercices de désensibilisation progressive
- Renforcement de votre lien de confiance
- Développement de ses capacités de régulation émotionnelle
Et tout ça se fait avec ton soutien, pas malgré ton absence.
Tu te reconnais dans cet article ?
Si tu as suivi le conseil de « laisser pleurer » et que tu te sens coupable maintenant, sache que ce n’est pas ta faute.
Tu as fait de ton mieux avec les informations que tu avais. Beaucoup de professionnels donnent encore ce conseil, alors comment aurais-tu pu savoir qu’il était problématique ?
L’important, c’est ce que tu fais maintenant avec cette nouvelle compréhension.
Il n’est jamais trop tard pour changer d’approche
Même si ton chien a vécu des expériences difficiles, même s’il a été laissé pleurer pendant des semaines ou des mois, il peut encore apprendre que tu es là pour lui.
La plasticité cérébrale des chiens est remarquable. Avec de la patience, de la bienveillance et le bon accompagnement, les choses peuvent évoluer positivement.
Je l’ai vu tellement de fois : des chiens qui avaient perdu confiance et qui la retrouvent progressivement quand leurs humains changent d’approche.
Si ton chien souffre d’anxiété de séparation et que tu veux l’aider sans le laisser pleurer, je suis là pour ça.
Le bilan comportemental : ta première étape vers le changement
Si tu veux enfin comprendre ce qui se passe chez ton poilu, je t’invite à réserver un bilan comportemental avec moi.
Pendant 2 heures en visio, on va :
- Analyser en détail la situation de ton chien
- Identifier précisément le type de problématique
- Comprendre les émotions et besoins de ton poilu
- Éliminer les pistes médicales à explorer
- Définir les premiers ajustements à mettre en place
- Répondre à toutes tes questions
À l’issue de ce bilan, tu auras une vision claire de ce qui se passe, des pistes concrètes pour commencer à l’aider, la possibilité de poursuivre avec un accompagnement personnalisé si nécessaire.
Ce bilan est la base indispensable avant tout suivi. C’est notre moment de rencontre, de compréhension, de construction ensemble.
À propos de moi : Je suis comportementaliste canin spécialisée en anxiété de séparation. Après avoir vécu moi-même cette situation avec Peter, mon beagle, je me suis formée pour aider les poilus sensibles aux absences et leurs humains. Je travaille en visio avec une approche bienveillante et basée sur la science, dans tous les pays francophones.
Clique ici pour en savoir plus sur mon parcours et ma méthode

